Histoire des écoles

L’enseignement primaire à Peillac au début du 19°siècle, comme ailleurs, se trouve dans un état déplorable, voire inexistant. ‘ Quand je vois que dans certains départements, une communes sur vingt-cinq ou trente est pourvue d’une école, je déplore la destruction massive et barbare des anciennes écoles paroissiales et monastiques d’avant 1793’ (Royer-Collard président du conseil de l’université- 27 octobre 1815 ).

C’est devant cette situation lamentable de l’enseignement en Bretagne q’un certain nombre de personnes commencèrent à prendre des initiatives très localisées, qui aboutirent, début 19° siècle, à la création de nouvelles congrégations : les Frères de l’Instruction Chrétienne de Ploërmel en 1819 et les Sœurs du Sacré Cœurs de St Jacut en 1816 pour ce qui concerne Peillac.

En 1833, le maire de Peillac, M. Rivière Jean-Marie (1832-1838) constate que les habitants de la commune sont presque tous cultivateurs et ne se soucient pas d’envoyer leurs enfants à l’école, d’ailleurs, il n’y a aucun local à affermer dans le bourg à cet usage.

La même année la loi Guizot oblige les communes de plus de mille habitants à pourvoir à l’instruction des enfants.

Le 6 octobre 1833, réunion au presbytère à l’issue des vêpres pour délibérer sur l’établissement d’une école conformément à la loi sur l’instruction primaire. Le conseil de Fabrique (assemblée de notable qui gère les biens de la paroisse) décide, que le presbytère de St Maudé étant en mauvaise réparation et insuffisant pour le logement du desservant (recteur) et son vicaire, de bâtir au bourg une maison d’école.

Dés le mois de novembre 1833, Pierre Pédron, né à Peillac en 1805, après avoir fait des études au collège de Vannes, au grand séminaire et reçu la prêtrise le 22 septembre 1832,

Commence l’école dans la chapelle Saint Yves dite aussi la Maladrerie qui était toute petite. Au début ils sont onze, dont François Trégaro de Guéveneux, futur évêque de Seez.

chapellestyves

Extrait du courrier du maire M. Rivière au préfet le 22 mars 1835 :

Nous sommes heureux d'avoir un homme de mérite comme M. Pédron qui veuille bien se charger du soin de nos enfants. Ce monsieur est de la commune et à la confiance de tout le monde. Il a un très grand nombre d'élèves... Nous avions eu avant lui plusieurs instituteurs, mais qui n'avaient jamais pu réussir à réunir des élèves. M. Pédron a fait de très bonnes classes au Collège de Vannes et il y a longtemps qu'il se trouve à la tête de la jeunesse." Je crains beaucoup qu'en perdant celui-ci, la même chose n'arrivât".

Face au nombre d’élèves, la municipalité autorise la Fabrique à construire à ses frais une maison d’école sur le terrain au levant de la chapelle St Yves (1836).

1833, la première école de garçons

Arrivée d'un frère de Lamennais.Suite au départ de sieur jagut, le remplacent de M. Pédron, la commune exprime le vœu auprès de M .Jean-Marie de la Menais de leurs envoyer un frère de l’Instruction Chrétienne. Ploërmel propose en septembre 1838, le frère Hermogènes (Joseph Laigle).Il à 60 élèves (45 payants et 15 gratuits), il perçoit par la commune un traitement de 700f, la commune compte 1835 habitants.

1842 : fondation d'une école de filles.

En 1801, l’ancien recteur de Peillac, M Vaillant revient d’exile (Espagne). Il prend comme vicaire Jean Nael, né à Peillac vers 1745. à la mort de M Vaillant, le 23 avril 1809, Jean Nael devient recteur de la commune et prend comme vicaire son neveu François Nael, qui lui succédera comme recteur en 1823. Cinq années plus tard, il achète aux vieilles filles Hervieux, une maison appelé le Grand Logis situé sur la place de l’église à la jonction du cimetière et des halles. En 1842, il met à la disposition des sœurs de St Jacut, la maison du Grand Logis, que les Peillacois nommeront désormais et jusqu’au départ des sœurs en 1986, la maison des Religieuses.

l'abbé François Naél sur son lit de mort au presbytère en 1848

francoisnael

Extrait de : La Congrégation des sœurs du Sacré Coeur de Jésus de Saint -Jacut (1921)

L'école de Peillac. La fondation de l'école de Peillac avait failli être pour elles l'occasion d'une épreuve plus pénible, peut-être, que celle de la pau­vreté. Une maison d'école venait d'être construite dans cette paroisse; mais le recteur, au lieu de demander les Sœurs de Saint Jacut, s'était adressé à la congré­gation du Saint Esprit, à Saint Brieux. Toutes les formalités étaient remplies et toutes les conditions acceptées. On imagine facilement le chagrin qu'on dut ressentir dans la communauté. Peillac est la paroisse la plus voisine de Saint Jacut: laisser de côté les religieuses établies dans cette dernière pa­roisse, c'était les discréditer dans l'opinion; les autres recteurs en seraient mal impressionnés et, à la veille d'une fondation, y regarderaient à deux fois avant de s'adresser à une communauté dédaignée par ses plus proches voisins. Le recteur et ses filles étaient déso­lés. On multiplia les prières, les chapelets, les che­mins de croix, les visites au Saint. Sacrement, les pèlerinages à Notre-dame du Pont d'Arz. Le recteur célébra même une grande messe solennelle pour demander à Dieu d’épargner à ses filles une pareille humiliation, qui pouvait avoir de fâcheuses consé­quences pour l'avenir d'un Institut naissant. Or, la grande messe était à peine terminée que le recteur de Peillac, M. Naël, arrivait au presbytère de Saint ­Jacut pour demander trois religieuses. Tout était rompu avec les Sœurs du Saint Esprit, dont les exigences en fait de mobilier avaient paru exagérées, et qui refusaient d'admettre à l'essai une postulante de Peillac. Trop heureuses de lui accorder tout ce qu'il demandait, les religieuses prirent possession de l'école le 26 juillet l842, en la fête de sainte Anne au milieu d'un grand concours d'habitants, accourus pour leur souhaiter la bienvenue. Depuis lors Peillac est resté fidèle à Saint Jacut, et cette paroisse est une de celles qui fournissent le plus de sujets pour le recrutement de la Congrégation.



Note de l’inspecteur primaire au sujet de l’école des filles en 1853 :


Directrice: Mlle Bonnet (brevet élémentaire en 1847), fort capable, donne à son enseignement bien généralisé une bonne direction, les élèves se font remarquer par une fort belle tenue. Les progrès sont fort bons et aussi les résultats obtenus dans toutes les parties de l’enseignement. Instruction morale et religieuse bien expliquée et bien comprise, travaux d’aiguilles: bons, il y a une sous maîtresse. 90 élèves en hiver, 80 en été, 40 payantes, 3 pensionnaires à 140f, rien de la commune. Classes: bien, bâtiments à la fabrique par suite d’un legs de M. Naêl François en 1848 (ancien curé). Jouissance d’un pré pour 2 vaches, mobilier à la communauté, autorisation d’avoir 12 pensionnaires. Cette école est bien tenue et bien dirigée.



Délibération du conseil municipal du 4 octobre 1857 :

Vu que l'on ne trouvait pas la maison d'école de garçon suffisante et salubre; qu'elle n'était pas susceptible d'accroissement, qu'il ne se trouvait pas de local convenable à affermer pour maison d’école, ni un endroit pour en construire une, le Conseil municipal a décidé que le local qui est au bout de la Halle, située sous la mairie, maintenant affermé, mais dont la ferme finit dans un an, serait employé à cet effet, c'est à dire maison d'école. (Aucune suite ne fut donnée à cette délibération. Il s’agit des halles situées au sud du cimetière autour de l’église). Le cimetière a été déplacé en 1872, les halles démolies et reconstruite légèrement plus au nord vers l'église en 1883. le maire Joseph Roux (1856-1860).

M Jean-Louis Boissel, né le 16 mars 1813, marchand de bois au Prêtable, devient en 1860, maire de Peillac, il le restera jusqu’an 1872, puis de 1876 à 1882, suite à la démission de M Jouvence Pierre en février 1886, il sera de nouveau réélu maire, et démissionnera en avril 1886 comme on le verra par la suite

Note de l’inspecteur primaire au sujet de l’école des filles en 1866 : Directrice : Marie Juliette Guénégo ( sœur Ste Catherine), 21 ans, institutrice très bien sous tout rapports, 79 élèves, état du matériel : bien pour la grande classe, mauvaise pour l’autre qui n’a pas de table, mais seulement des bancs. L’enseignement jusqu’ici a le tort de ne pas exercer l’intelligence, mais la mémoire seulement, les enfants apprennent par cœur.

Etat de l’école des garçons en 1870 :

Instituteur, frère Elisée (Pierre Harlay), né en 1830, à Peillac de septembre 1869 à janvier 1871, 110 élèves, 52 payants, 58 gratuits, perçoit un traitement de 700f, est secondé par un adjoint le frère François Joseph ( Pierre Duval) à partir de juin 1870. La commune comprend 1952 habitants.

Note de l’inspecteur primaire au sujet de l’école des filles en 1871 : Melle Noullet Aurore (sœur Marie de Gonzague) remplace la directrice Guénégo comme institutrice publique au traitement de 500f, 31 ans et 13 années de service. 115 élèves. Produit de l’école 813 francs, école vieille, très spacieuse pour le logement (8 pièces) mais le local scolaire insuffisant, 2 pièces réduites pour le nombre des élèves. Registre matricule bien tenu, classes propre et bonne discipline, j’ai constaté que toutes les filles ne sont pas lavées. J’ai recommandé à l’institutrice de tenir à ce que les enfants ne se présentent pas à l’école sans avoir visage et mains lavés, cheveux propres et peignés, vêtements et souliers sans boue ni taches.

L’enseignement laisse à désirer dans cette école ou la directrice vient d’arriver. La mémoire fait les frais de tous les travaux des élèves qui ne se rendent compte de rien. Calcul routinier, car on ignore la table de multiplication. Lecture machinale et inexpliquée. Ecriture propre et cahiers soignés. Orthographe bonne. Analyse passable. Les enfants s’expriment difficilement en français. Catéchisme débité à la perfection. Peu d’histoire sainte, de géographie, d’histoire de France.L ’institutrice est très estimée et en bons rapports avec les familles et les autorités. Elle est très intelligente et paraît instruite. Elle a bien accueilli les conseils détaillés que je lui ai donné pour éveiller l’intelligence des élèves.

Les travaux à l’aiguille sont assez bien exécutés et consistent en couture, tricot et marque, j’ai recommandé le tricot de bonne heure avec les plus jeunes et de former les plus grandes à l’art de faire les reprises; cela paraît utile en cette localité ou j’ai vu des hommes et des femmes en lambeaux, les femmes ne doivent pas savoir coudre. Ecole ou il y a bien des améliorations à réaliser mais ou l’institutrice qui est très intelligente, est capable de mettre en œuvre les indications que je lui ai données.

Signé l’inspecteur primaire du Morbihan


Délibération du conseil municipal du 24 juin 1871 :


Le Conseil municipal annonce que le chiffre des rétributions scolaires dues par les contribuables et non acquittées prend des proportions de plus en plus considérables : 268 f en 1870­-71. Les contribuables mettant en avant leur insolvabilité, le receveur municipal se voit obligé de poursuivre ou de faire de ces sommes un état irrécouvrable et à la charge de la Commune.

Les poursuites feront déserter l'école: les parents déjà ne veulent plus envoyer leurs enfants à l'école ne pouvant acquitter la rétribution... Le conseil municipal cependant, à la majorité, se prononce contre la non gratuité"

M Giquiaux (personne faisant partie des plus imposés de la commune avec Nael, Denoual, Homet, DePioget, Morineaux, Lebré) proteste en voyant l’augmentation des charges du budget qu’il juge peu en rapport avec les résultats. Les charges résultent du traitement du second vicaire, qu’il juge inutile et du second instituteur, qu’il prétend incapable, et qu’il voudrait remplacer ainsi que le premier instituteur par des personnes capables qu’ils soient frères ou laïques. S’associent à cette protestation : Denoual Jean, Marquer Pierre, Mabon Pierre du conseil et Lebré Julien, Morineaux Pierre, des plus imposés.


Le conseil municipal achète en 1872 un terrain appelé le Pré de la Vigne, situé derrière l’école des filles et appartenant à la fabrique (legs de François Nael) pour la somme de 1500f.

Le conseil reconnaît la nécessité de posséder une mairie et des classes en rapport avec les besoins de ses populations. Les devis sont acceptés pour la somme de 39500 francs. Les travaux commencent le 29 juin 1873, le 3 mai 1874, le gros œuvre est pratiquement terminé et comprend deux classes pouvant contenir 130 garçons et deux classes pour 130 filles, dans le bâtiment central au réz de chaussée une cuisine pour les frères, la salle de la mairie et un bureau pour le Maire, à l’étage 3 chambres et une salle à manger.ecolecommunale


En1881, l’école des garçons, tenu par le frère Ermin marie, secondé par le frère Maximin et le frère Grégoire, compte 140 élèves. L’école des filles réunit à la rentrée de 1882, 126 élèves pour deux institutrices : sœur Binio et sœur Vincent.


loi de laïcisation:

les lois sur l'enseignement primaire, dites lois Ferry, tout en éta­blissant l'obligation et la gratuité de la scolarisation, 'visaient, en fait, à nationaliser et laïciser l'ensemble des écoles communales.


Ce sera le cas à Peillac. En effet, en mars 1886, le Frère directeur distribua à ses élèves, des tracts contre le nouveau régime de Gouvernement et organisa, par leur inter­médiaire, une souscription en faveur d'un prêtre qui bâtissait une église. Il y eut dénonciation. La sanction ne tarda pas. Il fut révoqué par le Préfet. Celui-ci dans une lettre au Maire, en date du 27 mars, lui faisant part de la révocation du Directeur de l'école ajoutait "Je suis décidé, lorsque l'occasion se présentera, d’user du droit que me confère la loi, de laïciser les écoles communales."


Le Conseil municipal, réuni dès le 29 mars, allait, s efforcer d'amener le Préfet à revenir sur sa décision. Dans ce but, il faisait valoir l'argument suivant, à la suite de sa délibération :"Le Conseil Municipal constate que, jusqu'à ce jour, il n'a pas eu de plaintes à formuler contre les, enseignants congréganistes qui, depuis de nombreuses années,dirigent l'école, que, toujours, par leur zèle et leur dévouement ils ont mérité l'affection des pères de familles, que leur remplacement par des instituteurs laïques provoquerait ,un très vif mécontentement dans la population, certain d’être interprète des pères de famille dont il est l'élu, à l’unanimité, prie Monsieur le Préfet de maintenir des Instituteurs congréganistes à l'école de Peillac.

Vers une école libre de garçons.

La requête ne fut pas agréée, comme on pouvait s'y attendre. En signe de protestation, le Maire, M. BOISSEL, donna sa démission., Un habitant de la commune, "M. de PIOGER fit alors campagne pour la construction d'une école libre, mais beaucoup pensaient que c'était là un projet irréalisable.

Un comité fut cependant constitué et l'ancien Maire, M. Boissel non seulement offrit le terrain pour l'emplacement de la nouvelle école, mais encore de la faire bâtir à condition qu'ont l'aide à faire " les charrois de matériaux".

Dés le 15 juillet, est-il écrit, on se mit à l’oeuvre avec un entrain extraordinaire. En cette seule journée, trente charretées de pierres furent amenées sur le terrain. Le 20, on posa la première pierre et, deux mois après, la maison d’école était achevée. On peut s'étonner de la rapidité de la réalisation. C'est qu'il y avait urgence mais aussi des encouragements et pas seulement en paroles. M. le Recteur recevait des dons de ses paroissiens et, un Jour, une offrande de 1000 F qui lui alla droit au coeur. Elle venait de Mgr l’Evêque de Seez, Mgr TREGARO lui même enfant de Peillac.

Restait à obtenir l'agrément officiel des Frères comme enseignants. Cela n'allait pas de soi, vu l’ époque et les circonstances de leur éviction de l'école communale. De fait, une première candidature ne fut pas agréée. Une seconde demande fut plus heureuse. Aussi M. le Recteur de la paroisse dont l'inquiétude était grande pouvait il, à cette nouvelle, laisser éclater sa joie. Voici ce qu'il écrivait en date du 24 novembre 1886 : "Gloire à Dieu. notre école est autorisée. Ce matin, M. le Maire a reçu toutes les pièces avec l'autorisation d’ ouverture". Cela ne tarda pas. Ce fut le 3 décembre 1886. dés le premier jour, il y eut 87 élèves et 107, huit jours plus tard.

 école Saint Pierre aujoud'hui                             école des garçons au début du 20°siécle.  ecoledegarcons stpierre  



































Laîcisation de l'école des filles.


Le préfet propose au conseil départemental de l’instruction publique, la suppression d’un emploi d’instituteur adjoint pour l’école des garçons et la création d’une école enfantine .

L’école publique des filles est fréquentée actuellement par 139 élèves, dont 51 dans la première classe et 81 élèves dans la seconde. Il est bien évident que les institutrices, surtout l’adjointe ne peuvent pas donner à tous ces enfants une instruction suffisante. La création d’un deuxième emploi d’adjointe s’impose. l’école des garçons qui comprend trois classes, mais dont une est supprimée faute d’effectif, pourrait servir de troisième classe pour les filles.


Cette école enfantine serait adjointe soit à l’école des garçons, soit à l’école des filles et dans ce dernier cas, il suffirait de transférer l’école des filles dans le local occupé par les garçons et réciproquement .

Le conseil demande l’ajournement de la création d’un emploi d’institutrice adjointe à l’école publique des filles. Motifs invoqués : insuffisance des ressources communales garçons existe Que du reste nul ne comprendrait la nécessité de la création projetée attendu qu’aux examen pour l’obtention du brevet de capacité, aucune école du canton n’a obtenue autant de succès que l’école des filles de Peillac. Cette année elle a fait recevoir deux enfants sur trois; l’année précédente sept sur sept, de tels succès prouvent jusqu’à l’évidence que les institutrices savent suppléer aux nombres par le dévouement ; et que les filles qui leur sont confiées reçoivent vraiment toute l’instruction désirable . Le préfet insiste pour la création d’une institutrice adjointe. Le conseil considérant que l’adjonction d’une institutrice laïque à des institutrices religieuses ne pourrait que nuire à la bonne direction de l’école, qu’il arriverait fatalement ce qui est arrivé partout ou ce système a été essayé, c’est à dire que les institutrices religieuses seraient immédiatement remplacée par des institutrices laïques; considérant que la population de la commune de Peillac tient essentiellement à ses institutrices religieuses dont elle n’a qu’à s’en louer, considérant que nous ces mandataires en nous prêtant même indirectement à une laïcisation, nous irions contre la volonté formelle et déjà hautement manifestée et en même temps contre ses intérêts puisqu’une laïcisation entraînerait la construction d’une maison d’habitation pour les institutrices ; construction dispendieuse pour la commune et que la population ne pardonnerait jamais au conseil qui la déciderait .


Note de l’inspecteur primaire à Peillac, les deux classes appartiennent à la commune, mais les logements sont loués par la fabrique. Ils seront certainement repris quand la laïcisation se fera. Mais nous nommerons un instituteur et une institutrice mariés et le logement qui se compose de 7 pièces suffira ( la mairie). Au début, nous pourrons nous dispenser de nommer une adjointe, car on construit actuellement une école privée pour les sœurs et nous n’auront que peu d’élèves .


8 août 1888- Bordereau d’envoi au maire de St Jacut pour 2 lettres à l’adresse de Mme Binio et Gougaud, directrice et adjointe à l’école de Peillac.

Les institutrices désignées sont avisées qu’à partir de la rentrée des classes, elles seraient remplacées par des maîtresses laïques .{

Une école libre de filles.


28 août 1888- Avant de terminer la séance de ce jour, M le maire donne lecture au conseil d’une lettre de M le préfet par laquelle il enlève à la population de Peillac ce qu’elle a de plus cher. Depuis 50 ans, des maîtresses congréganistes dirigeaient nos écoles et nous sommes fiers de pouvoir dire que Mme Binio est une des plus capables du département . C’est pourquoi nous protestons avec toute l’énergie de notre conscience contre l’arrêté préfectorale et nous disons hautement : Merci, merci à nos chères et aimées sœurs. Au revoir et a bientôt.

15 octobre 1888- L’école libre des filles dont Notre Dame de Bon Secours est la patronne et la gardienne ouvre ses portes sous la direction de Mlle Binio .


Lettre de Mgr l'Evêque de Vannes à Mgr l'Évêque de Seez.

Vannes, le 26 novembre1888.

Mon cher Seigneur

combien je regrette que vous n'ayez pas partagé hier la joie qui m'attendait à Peillac! Votre présence eut été pour vos compatriotes un grand honneur et une récompense bien méritée. Vous eussiez béni avec bonheur et fierté les deux écoles libres ou grâce à la générosité des prêtres et des fidéles, plus de deux cent enfants reçoivent une éducation chrétienne. De nobles bienfaiteurs, qui ne vous sont point inconnus,le cjergé du voisinage, toute la population assistaient à cette cérémonie vraiment édifiante. Il serait superflu de la décrire. Votre diocèse, empressé de suivre l'implusion salutaire que vous lui avez donnée, vous a plusieurs fois fourni l'occassion de jouir d'un spectacle aussi consolant. LEvêque et le recteur ne pouvaient omettre de faire publiquement mémoire de vous, en présence de ces braves gens, qui conserveront fidélement au fond de leur coeur le souvenir de vos bienfaits.

bonne journée, monseigneur, pour votre pays natal,on peut dire que les coeurs y battaient à l'unisson. Il faut espérer que mes félicitations et mes encouragements, parfaitement acceuillis, aideront les grands et les petits à marcher, pleins d'ardeur et d'émulsion,dans la voie qui leurs a été ouverte au prix de sacrifices qui leur vaudront la bénédiction de Dieu et de l'estime de tout les honnêtes gens.

Veuilliez, mon cher seigneur, agréer la nouvelle assurence de mon respecteux et fraternel attachement.

Evêque de Vannes : M. Jean-Marie Becel

Evêque de Seez : M Trégaro





7 juin 1889- M. le maire fait observer au conseil que l’école public des garçons ne contenant à peine que 24 élèves, un seul maître suffirait pour leur faire la classe, et qu’il y aurait lieu de demander la suppression du poste d’adjoint .

L’école privée des garçons contient deux frères de Lamennais comme enseignants et 141 élèves.

Le 21 août 1895, l’inspecteur d’académie supprime définitivement l’emploi d’institutrice adjointe attachée à l’école publique des filles.



l'école: enjeu des passions exacerbées.


9 juillet 1901- Loi sur les associations, elle permet aux Français de se grouper et de fonder des associations ayant des buts très divers. Il n’y a de restrictions et d’interdictions que pour les associations dont le siège est à l’étranger ou qui supposent un abandon des droits de l’homme et du citoyen. Pour les Républicains au pouvoir, prononcer des vœux de religion, c’est abdiquer ses droits de citoyen.

Ce texte visait les Congrégations dont l’existence demeurait subordonnée à une
autorisation délivrée par le conseil d’état.
Cette autorisation devra être demandée dans les 3 mois.

Il y aura : interdiction d’enseigner pour toute personne ayant appartenu à une congrégation non autorisée

1 décembre 1901, M. le préfet invite le conseil a se prononcer sur le maintien des frères de l’instruction chrétienne dont le siége est à Ploërmel. le conseil considère que : la loi du 01 juillet 1901 atteint profondément la liberté individuelle et le principe de l’égalité pour tous, que l’avis certain de la population entière est de maintenir les dits congrégations dans commune; le conseil à l’unanimité émet un vœu très favorable au maintien de la congrégation.

En 1903, l’institut des frères de la Mennais compte 1270 frères répartis dans 379 écoles, de février 1903 en mai 1904, 210 choisissent l’exil et vont en majorité au Canada.

Le Gouvernement imagine mal que l’école chrétienne pourra survivre au loi de 1901.Usant de l’indult du 10 janvier 1903, beaucoup de frères se sécularisent et se mettent à la disposition des comités, vers Pâques, les frères revêtent l’habit laïc, signées du Supérieur général et distribué en mars 1903, les lettres de sécularisation, attestent que leurs détendeurs sont relevés de tous les engagements qu’ils avaient contracté envers l’institut. Le directeur devient locataire d’une société civile, propriétaire de l’école et les adjoints reçoivent un traitement régulier. Un assistant ou un visiteur, eux même sécularisés, représentent le supérieur général près du comité que préside un inspecteur diocésain nommé par l’Evêque.


L’école congréganiste de garçons est fermée

4 mai 1903, s’est présenté devant nous, maire (Léonce de Gibon ), le sieur Corlay Victorien François Mathurin, né à Pommerit le Vicomte (22 ) le 02-11-1873, lequel nous a déclaré son intention d’ouvrir une école primaire élémentaire privée avec cours d’adultes dans la commune de Peillac.


Ouverture d’une école privée de garçons


1904, population de la commune de Peillac :
aglomérée.....500, disséminée ….1544. total ………...2044.

Notification de fermeture de l’établissement congréganiste de Peillac a été faite à la directrice de l’école , à la Supérieure de la Congrégation , au propriétaire des immeubles : M Houix , recteur en retraite.

L’extrait de notification a été affiché à la porte de la mairie après en avoir avisé le maire.

17 septembre 1906, procés verbal d'exécution...

Nous avons constaté que :

 

  • - l'école est fermée, toutefois les bâtiments servant de classe sont encore occupés paraît-il 2 fois par jour de 7 heures à 8 heures le matin et de 11 heures à 12 heures, par les enfants du catéchisme, enseignement donné par une soeur non sécularisée.

 

 

  • - il y a toujours 3 soeurs en costume pour habiter l'ancien établissement: l'ancienne supérieure sr St Barthélemy, sr Marie de Lourdes, née Quélot, qui est adjointe et qui s'occupe du cathéchisme, sr Madeleine qui fait le gros ouvrage à la maison.

 

 

  • - les soeurs de Peillac avaient 150 à 180 éléves, une 40 sont entrées à l'école laïque, on compte encore sur quelques rentrées, beaucoup iront à St Vincent chez les sécularisées.

  • - les bâtiments sont suffisants, mais le matériels sera difficile à obtenir. signé: E.Fay, commissaire spécial


3 septembre 1906
M. le maire expose au conseil que par suite de la rentrée nombreuse des petites filles à l’école communale ( L’école libre est fermée ), il va être de toute nécessité de remplacer le mobilier scolaire, l’ancien étant complètement hors d’usage.
D’un autre coté, il est nécessaire d’exécuter des réparations un peu partout dans l’école.

16 octobre 1906 , lettre de l’institutrice publique :


M. l’inspecteur, j’ai l’honneur de vous informer que, dimanche dernier, à l’occasion de la cérémonie de son installation, M. le recteur ( l’abbé Eugène Cozic ), après des paroles élogieuses à l’adresse des sœurs de St Jacut a ajouté: Elles pleurent, les pauvres petites sœurs, elles pleurent leurs compagnes disparues, qu’elles se rassurent et qu’elles reprennent courage, il y aura bientôt de beaux jours à Peillac.

En parlant ainsi, M le recteur faisait certainement allusion à la réouverture prochaine de l’école privée.

L’abbé Eugène COZIC ( 1860-1932) recteur de Peillac de 1906 à 1929 puis prend sa retraite dans la maison accolée à l’école des garçons, enterré à Peillac.


Ouverture d’une école privée de filles

19 octobre 1906- c’est présentée devant nous, maire (Jouvence Jean-Louis ) Mlle Marie-Sainte Guillochon, née le 21 septembre 1875 à Billio (56) pourvue du brevet de capacité et du certificat d’aptitude pédagogique, laquelle nous a déclaré conformément à l’article 37 de la loi du 30 octobre 1886, avoir l’intention d’ouvrir une école primaire privée de filles, le local est situé au bourg de cette commune et appartient à M.Houix

La déclaration de guerre de 1914, en réalisant l’union sacrée des Français, allait mettre un terme provisoire à la politique laïque du gouvernement.