Lettre aux maires des communes membres de la CCPR

Mesdames, Messieurs les maires. 

Par ce courrier, je viens vers vous, au terme de 25 ans de mandat de maire de Peillac et de 6 ans de vice-présidence en charge de la natation et des sports de plein air et pleine nature de la Communauté de Communes du Pays de Redon (CCPR), pour plaider en faveur de la réhabilitation du bassin de natation de plein air de Peillac -une des 3 piscines de la CCPR- qu' exigent  l' Agence Régionale de Santé de Bretagne (ARSB)  et la législation pour  l'accès à tous des équipements publics. Ce plaidoyer de dernière minute tient au fait que l' ARSB a fait savoir ces derniers jours  à la CCPR qu' elle serait d'accord pour autoriser une ouverture de cette piscine en 2014 sous réserve que notre communauté s'engage  à faire les travaux de mise aux normes de celle ci en 2015 et inscrive dans le budget primitif de cette année des crédits de maîtrise d'oeuvre.

Il ne s'agit pas pour moi bien entendu de défendre obstinément mon pré carré ou de vouloir  faire pleurer dans les chaumières-ce n' est pas le style des «Glorieux» de Peillac! mais plutôt d'attirer l'attention des délégués de la Communauté de communes  sur les conséquences  que pourrait engendrer la fermeture de cet équipement. Et cela, tant en termes de solidarité et de cohérence territoriales,  au sein de notre collectivité,  entre petites et grandes communes, communes de l'agglomération et communes excentrées, que des priorités à donner  aux  localisations et à la nature des investissements communautaires sur l'aire de la CCPR., ainsi qu' aux services à rendre à la population, voire  aux visiteurs,  dans ses champs  actuels de compétences. Je rappelle, en premier lieu, que ce bassin de plein air a été transféré en Janvier 1997 à la Communauté de communes, en même temps que la piscine de Redon,  quasiment dès la naissance de notre communauté en 1996, avec la prise de la compétence piscines. Dans ce cadre,  et après plus de 20 ans de bons et loyaux services, elle a  été réhabilitée en 1998 par la CCPR, avec notamment le changement des panneaux solaires et de la filtration. Cela a permis d'accueillir les enfants de proximité de la CCPR pour l' apprentissage de la natation en période scolaire (canton d'Allaire) mais aussi ceux des communes des Fougerêts et Saint-Martin/Oust de 1998 à 2001. Le site de  Redon, parallèlement, a bénéficié  de façon conséquente  de la manne communautaire, avec la construction et l'ouverture d' un complexe aquatique, éducatif, sportif et ludique au goût du jour en 2001, qui a connu quelques aléas en ces débuts, que la piscine de Peillac a pu pallier  partiellement. L'élargissement de la Communauté à  Guéméné Penfao et à ses voisines a permis  en 2008 d'ajouter une troisième piscine, récente et couverte, équilibrant ainsi la répartition territoriale de ces équipements structurants pour les loisirs sportifs et le tourisme. Il convient de rajouter que ces derniers exigent, du moins pour ceux couverts et ouverts à l'année, des charges lourdes en entretien, hygiène, santé ( chloramine) et chauffage pour des raisons évidentes et nécessitent des travaux d'importance tous les 10 ans en moyenne en raison de la chaleur humide qui y règne en permanence. Cela a été le cas tant à Redon qu'à Guéméné, sous ce dernier mandat, sans compter les travaux liés à des malfaçons d'origine à Guéméné ( sous sol et  Jacuzzi) et à Redon (toiture.), mais en aucune façon  à Peillac, en raison de sa nature (plein air ) et de ses périodes d'ouverture limitées à Juillet/Août.  Soulignons aussi que les 4235 entrées comptabilisées  cette année sur ces deux mois  en après midi   ( avec fermeture le dimanche) étaient toutes payantes, auxquelles il faut ajouter du 8 Juillet au 1er Août, en matinée, les 53 enfants du canton qui ont bénéficié de l' opération nationale «Savoir Nager» organisée par le Cercle de Nageurs du Pays de Redon ( 20  cours payants par enfants sur 4 semaines du lundi au vendredi ), ce qui fait monter la fréquentation de la piscine de Peillac  à largement plus de 5000 entrées payantes l'été dernier! En une période où la pratique de la natation en bassin de plein air toute l'année se développe pour prévenir notamment les effets de la chloramine; en une année où on a besoin de nouveaux créneaux de piscines pour l'apprentissage obligatoire des  enfants à la natation, avec l'arrivée à la CCPR de 6 nouvelles communes  et le changement des rythmes scolaires, il semblerait inconséquent de fermer  cette piscine qui fait partie, en outre, du patrimoine communautaire depuis son origine (et qui a fait l'objet d'un transfert de charges en bonne et due forme avec retenues sur la dotation de compensation de la Taxe Professionnelle, ce qui n'a pas été le cas dans tous les champs de compétences actuels) pour des raisons de coûts supputés trop élevés de remise aux normes, alors que l'on ne s'est  jamais posé la même question pour la restauration ou l'adaptation aux exigences nouvelles des  piscines couvertes de la communauté. Pourquoi y aurait-il une différence de traitement entre elles alors qu' il n'est aucunement question d' ouvrir  un nouveau site d'implantation de piscine sur le territoire communautaire, mais simplement  de réhabiliter et conforter un équipement préexistant? Si l'on considère en plus que la piscine de Peillac est le seul bassin de plein air  et de pleine nature de la  communauté de communes du Pays de Redon, territoire d' excellence des sports de pleine nature et qu'elle constitue un des éléments structurants de la base de plein air du Pont d' Oust , une des 5 reconnues d' intérêt communautaire par la CCPR;  si l'on considère aussi qu' elle constitue  un des éléments  forts  d'un des rares  pôles touristiques  du territoire communautaire (cf document joint), il est patent que son abandon serait une erreur stratégique. Et je pense savoir  de quoi je parle en tant qu' expert reconnu du tourisme en Bretagne voire en France. Quand on sait que le tourisme représente 7 % du produit national intérieur brut et que le pays de Redon a été pionnier en terme tourisme rural en Bretagne intérieure jusque dans les années 1990, comment peut-on imaginer destructurer une partie de ses fondamentaux (cf note jointe), alors que la CCPR vient de décider d' instituer la taxe de séjour et de mettre en place une politique volontariste d'investissement;  alors aussi  que le service tourisme de la Région finance la remise aux normes  des piscines attachées à un camping! Le bassin de plein air à Peillac est un   peu , sur le plan touristique, l'équivalent du dernier commerce dans une petite commune. Sans lui, l'activité touristique s'étiolera avec les conséquences économiques correspondantes. Pour conclure,  la décision éventuelle d'abandonner le bassin de natation démontrerait qu'il existe  deux poids, deux mesures dans le secteur économique de la CCPR. les communes disposant de parcs d'activités à caractère industriel bénéficiant non seulement des emplois des implantations communautaires, mais aussi du produit sans partage des  taxes foncières correspondantes, contrairement à celles à vocation touristique  sujettes à la taxe de séjour prélevée par la Communauté  sur des établissements ou équipements que celle ci  n'a pas contribué à financer!  Enfin, après 45 ans d'investissement sans relâche en faveur de la requalification et la reconnaissance de ce territoire écartelé de façon inique entre 3 départements depuis 1790, la décision par la CCPR de la  disparition programmée de la piscine de Peillac constituerait  pour moi et la communauté peillacoise un véritable camouflet, d'autant que je suis président en charge de la compétence piscine. Cela amènerait, je le pense très sincèrement, mes successeurs à se rapprocher d'autres intercommunalités voisines. Ce qui serait un comble pour une commune dont tous les maires , depuis 50 ans se sont battus sans faillir pour l'unité administrative du Pays de Redon, proposant même une fusion avec Redon ou  la création d'un département à un arrondissement, le Territoire de Redon à l' exemple de celui de Belfort,  et plus récemment la création d'une ville nouvelle originale,  polycentrique et bleue et verte  de 70 000 habitants : le grand Redon. Je joins à ce courrier un plaidoyer détaillé et un note de réflexion sur le pôle touristique et son devenir potentiel.

 Bien cordialement

 J.B.Vighetti.