Le Pont d'Oust

Une histoire de pont et de port

L'appellation Pont d'Oust, donnée au pont qui enjambe la deuxième rivière de Bretagne, rappelle le rôle ancien de ce site pour la circulation nord-sud en Haute-Bretagne, en coordina­tion avec celui du pont d'Arz, toujours sur Peillac, et celui de Rieux sur la Vilaine.

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Les vallées maritimes de l'Oust, de l'Arz et de la Vilaine, soumises quotidiennement au phénomène de mascaret, constituaient des obstacles majeurs au trafic terrestre, que cette série de passages permettait de franchir.

Le bourg de Peillac, comme son nom le suggère (Poliac), est né de cette ligne de ponts ou de gués dès l'époque gallo-romaine, voire gauloise. Le passage sur l'Oust se trouvait alors plus à l'ouest, en limite actuelle de St-Gravé, au lieu-dit «gué de la bauche», dominé par le camp de la Chauvaille, dit aussi «des Romains».

Après l'an mil, il est déplacé plus en aval, sur le site actuel du Pont d'Oust, profitant d'une île sur la rivière qui facilite sa traversée, donnant naissance sur la rive gauche au bourg et à la paroisse des Fougerêts, détachée de celle de Carentoir.

En raison de son importance stratégique, le site du pont d'Oust fut protégé après l'an 1000 par une forteresse - dont il ne reste que quelques vestiges - construite sur la butte de Cranhac (Site classé), sur le coteau des Landes de Lanvaux ; forteresse qui con­trôlait aussi la navigation sur l'Oust et le port établi à ses pieds.

Dotée d'écluses à une porte, dès le Haut Moyen-Âge, puis à deux portes au XVIIè siècle, l'Oust servit de support au XlXè siècle à l'aménagement du canal de Nantes à Brest et fut pourvu d'équipements nautiques et hydrauliques de qualité, les quais en granité du pont d'Oust et en aval, l'écluse et le déversoir de Limur.

La rivière canalisée devint alors le domaine de la Batellerie (Chaux, châtaigniers, pins ...), avant d'être celui de la plai­sance (3000 bateaux par an au pont d'Oust aujourd'hui).

Au nord de l'Oust canalisé, le long de la rivière des Fougerêts, était implantée sous l'appellation «Pont d'Oust» une dépendance de la commanderie des Hospitaliers du Temple de Carentoir, avec chapelle St Jean Baptiste et St Jacques et couvent, rappelant l'intérêt porté aux voies d'eau et aux chemins de pèlerinage par cet ordre de chevaliers religieux, né à Jérusalem en 1099 lors de la première croisade pour soigner et protéger les pèlerins en Terre Sainte.