le moulin du Cormier
Le moulin du Cormier

En 1789, à la veille de la révolution, la paroisse de Peillac possède sur son territoire quatre moulins à vents : deux situés au nord de la route de Saint Gravé (le moulin de Villeneuve et du Cormier), et deux au sud de la route de Redon (le moulin de la Gras et de Saint Julien).

Aujourd'hui, seul subsiste celui du Cormier.

Histoire.

La construction d'un moulin à vent relevait, sous l'ancien régime, exclusivement de la décision d'un seigneur. En effet, le moulin banal (comme le four banal) était un privilège seigneurial. Le droit féodal ordonnait à chaque paysan de faire moudre son blé dans un moulin bien précis. Ainsi, chaque moulin avait sa "banlieue", soit une surface rayonnante de 120 cordes de 120 pieds(3 à 4 km). On comptait cette distance "du lieu où est la somme de blé jusqu'à celui où elle doit choir".

Le meunier est rétribué en nature par les paysans ou les particuliers qui lui confient leur grain. Selon la Coutume de Bretagne, il est autorisé à prélever, 1/16 du grain apporté, soit 6,25%, "la mouture".
A cet effet, il utilise une écuelle spécifique dite « pince-grain » ou encore « écuelle» pour percevoir le droit de moute.

A partir du XIVè siècle, pour éviter au meunier de prendre trop d'importance dans la filière du pain, la profession de boulanger lui est interdite.

Dès le XVIIè siècle, pour se diversifier, le meunier essaie d'assurer le transport de la marchandise de sa clientèle boulangère et de faire le commerce des grains et de la farine

La prolifération des moulins en 1789.

 

La Révolution met fin aux monopoles seigneuriaux sur les moulins, qui deviennent autant d’entreprises privées. Les constructions se multiplient au point qu’on peut considérer le XIXème siècle comme l’âge d’or des moulins.

Contrairement aux communes voisines (ex : la buttes des cinq moulins à Saint Jacut), un seul moulin à vent ( moulin sur le Tertre) sera construit au cours du XIXème siècle sur la commune, la présence des trois moulins à eau ( Le Petit moulin, Guéveneux et le Gué de l’Epine)en est peut être l’explication.

Origine du nom ?

le cormier, arbre plus connu sous le nom de sorbier domestique, donne un bois très dur, très prisé des charpentiers-amoulageurs pour la fabrication des alluchons, les dents en bois des engrenages des moulins. Il produit des fruits, les cormes, sorte de petites poires qui se consomment blettes en automne.

 

Principe de fonctionnement du moulin.

Le moulin à vent du Cormier est du type moulin à tour, constitué d’un corps fixe en pierre de granit,
(en Bretagne, on rencontrera plus particulièrement des moulins dont la base en granit est plus étroite que la partie du haut, et le toit moins pentu que dans les autres région) surmontée d'un toit orientable dans le sens du vent, qui supporte les ailes fixées à un axe horizontal.
Les ailes, le plus souvent au nombre de quatre, sont généralement faites d'une armature en bois supportant une toile tendue. Elles peuvent être symétriques, ou asymétriques.
La transmission du mouvement des ailes à l'axe vertical des meules se fait par un engrenage constitué du rouet, munie de dents (les alluchons) en bois dur (le cormier), ) entraînant un pignon (la lanterne) qui actionne la meule tournante ou courante sur la meule dormante. Le grain passe par l’œillard au milieu de la meule courante et se fait écraser entre les 2 meules pour donner la mouture (farine et son). Pour mettre les ailes face au vent, l'arrière du moulin est équipé d'une guivre (queue) descendant jusqu'au sol à la disposition du meunier. Celui-ci peut aussi actionner un levier de l'intérieur.

 

 

 

 

exemple de moulin (moulin de Batz) équivalent au moulin du Cormier

Les Propriétaires :

Le moulin du Cormier, qui appartenait au domaine de la seigneurie de Cranhac, a été construit en 1640.
Isaac Gouret, (1580-1646) sieur de la Goupillais dans la paroisse de Blain, seigneur de Cranhac, avait acheté la seigneurie avec toutes ses terres, dépendances en 1619 à Jeanne de la Motte, dame de la Hunaudière, veuve du marquis d’Avessac et épouse depuis 1600 de Sébastien Ier de Rosmadec, lui même veuf de Françoise de Montmorency.

seigneur de Cranhac est propriétaire de ce moulin, il en a hérité de son père.

 

  • Renée Gouret,(1674-1717), fille de César, apporta la seigneurie de Cranhac par son mariage le 22 mai 1689 avec Bertrand-Charles-Baptiste du Guesclin, et c’est leur enfant, Bertrand-Olivier-Marie, marquis du Guesclin qui vers 1720 en devient le propriétaire.
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  • Selon le cadastre Napoléonien, de 1814, ce moulin appartenait à Aimé Danet, habitant la métairie de Cranhac.
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  • En 1873, le moulin est propriété de Jean Trélohan, qui habite l’épinette à Peillac. Il loue le moulin à Pierre Santerre, qui habite le Prestable, ceci moyennant un fermage de 150 francs
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  • En 1877, Jean Trélohan vend ce moulin à Julien Gaudin (ancien meunier au moulin de Guéveneux) pour 1500 francs.

Julien Gaudin loue ce moulin en 1886 à Joseph Chatel qui habite le Bourget en Saint-Gorgon

 

  • Le 28 décembre 1889, Julien Gaudin, cultivateur, veuf de Perrine Guiho, demeurant à Guéveneux, vends au prix de 400 francs, pour moitié à M Jean louis Gachet et Mme Marie Louise Hémery sa femme, cultivateur à la Louesnaie.

Et l’autre moitié, à M François Hemery et Mme marie Françoise Gachet sa femme, demeurant au bourg de Peillac.

 

  • Le 25 avril 1925, Mme Marie Françoise Gachet, veuve de M François Hémery, débitante de boissons, rétrocède à M Jean Louis Gachet sa moitié de propriété pour 400 francs.

Le moulin à vent garni de ses meules, avec son cerne, ses apparaux et tout ses ustensiles.

 

  • Le 21 janvier 1930, Jean Louis Fraiche et Dame Léonie Mabon, commerçant, demeurant au bourg rachète le moulin démuni de ses agrées, avec son cerne pour la somme de cinq cent francs.le moulin en juin 1941
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  • Madeleine et Suzanne Fraiche en sont les propriétaires actuels.