Accueil arrow Le village arrow Histoire arrow Personnalités arrow Monseigneur Trégaro   
Monseigneur Trégaro Version imprimable Suggérer par mail

Enfance

La famille avait quitté le moulin de Bodel dont l’ activité dépendait du débit d’ un humble ruisseau pour venir exploiter un moulin plus important alimenté par une véritable rivière appelée l’ Arz, c’ était en 1823.

L’année suivante naissait au foyer de François Trégaro et Perrine Renaud un garçon auquel on donna le nom de François-Marie, probablement en souvenir d’ un autre François né en 1820 et mort âgé de 2 ans .

L’ accouchement ne se fit pas sans appréhension, si bien que Anne Hamel la sage-femme crut plus prudent de baptiser elle-même le nouveau-né . En ce temps là on n’ hésitait pas à faire confiance à Dieu et le péril estompé dans la journée même, le petit était porté au bourg de Peillac pour achever les cérémonies du baptême . Son parrain fut François Pucel de Poulhan et sa marraine Jeanne-Marie Le Bel .L’ acte de baptême est rédigé par Jacques Guyot, jeune prêtre, vicaire à Peillac depuis un an et demi .

On ne possède pas de témoignage direct de son éducation première, mais il est bien permis de penser qu’ il faisait allusion à son expérience personnelle lorsqu’ il écrivait bien des années plus tard :
« A peine commença -t' il à bégayer que déjà la mère en le berçant sur ses genoux, lui parlait de Dieu, lui montrait le ciel, exerçait ses lèvres à pronnoncer le doux nom de Jésus ; et ces lèvres ainsi sanctifiées dès l’ enfance ne s’ ouvrirons plus tard que pour chanter ses louanges.
La prière de chaque jour se faisait en commun, et la famille entière répétait en chœur dans la paix de l’ âme Notre Père qui êtes aux cieux ... et le Père qui est aux cieux abaissait un regard d’ amour sur les parents, sur les enfants ; et la concorde l’ union, la charité fraternelle régnaient sans conteste. ».

L’ enfant était gai, intelligent, généreux avec une piété qui dépassait l’ ordinaire . Maintes fois le dimanche, après les vêpres, avant de redescendre à Guéveneux, on le vit réunir ses petits camarades à l’ église pour réciter le chapelet . Nous avons témoignage de l’ un d’ entre eux :
« Je n’ oublierai jamais avec quel soin il prépara sa première communion, ni de quel air de conviction profonde le jour même de l’examen qui précéda ; il posait le doigt sur cette réponse du catéchisme : La première communion est une source de bonheur quand elle est bien faite; une source de malheur quand elle est mal faite. ».

On ne sait pas quand il commença à fréquenter l'école. Le Conseil Municipal écrit au Préfet en 1835 qu'il a eu au­trefois plusieurs instituteurs qui n'avaient pas réussi à réunir des élèves.

En 1832 Pierre Pédron né à Peillac en I805,après avoir fait de très bonnes études au Collège de Vannes(Jules Simon) et avoir été au Grand-Séminaire,recevait la prêtrise le 22 septembre 1832. Revenu à Peillac,il commença l'école et le 10 Novembre 1833, le Conseil Municipal dit qu'ils sont onze. Le local d'école était la chapelle St Yves dite aussi 'La Maladrerie.qui était toute petite.En 1834 le Conseil Municipal autorisa la Fabrique à bâtir à ses frais un agrandisse­ment.Ce qui fut fait.

 

Monseigneur Trégaro eut la grâce d'avoir un prêtre comme instituteur.C'était le seul cas dans toute la région. L'état du personnel pour 1834 recense un prêtre à Peillac; 2 clercs tonsurés,quelques religieuses de La Sagesse et du Saint Esprit,beaucoup de laïques pour les autres communes. On peut bien penser que Mr.Pédron,qui ne reçut un traite­ment de vicaire qu'en 1836,remarqua les bonnes dispositions de François-Marie et de quelques autres et dans la.perspec­tive de les orienter vers le séminaire, il les prit à part et leur donna les premières leçons de latin. ils étaient quatre dont François Marie Trégaro. Un jour le plus âgé et le moins doué déclara net qu'il ne voulait pas continuer ses études. Le vicaire lui dit: "Vous avez raison,ne revenez plus, votre déclaration m'épargne la peine de vous le demander". François-Marie avait tout entendu et mû par on ne sait quel entraînement il dit à son camarade qu'il suivra son exemple. Le lendemain il arrive en classe sans avoir fait ses devoirs, ni appris ses leçons. Aux questions qui lui sont faites il répond en regardant le sol et en se croisant les bras. Holà, mon cher François dit le vicaire, le bon Dieu ne vous a pas refusé à vous le don d'intelligence, vous conti­nuerez". Et comme le maître avait la main encore plus ferme que la voix, François reprit, sans se faire prier davantage ses cahiers et ses livres.

Chaque matin François franchissait les 2 ou 3 kilomètres pour venir répondre la messe de son maître. Il arrivait dès l'aube du jour, le mauvais temps ne l'arrêta jamais; si pour­tant la bise soufflait trop dur quelques coups discrètement frappés à la fenêtre du vicaire l'avertissaient que l'élève était là, qui attendait sans murmurer l'heure d'aller à l'église. Le presbytère était alors à St Maudé sur la route de La Martinais.



 
Suivant >